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Italie/naufrage: le bilan monte à 13 morts et 21 disparus

22 jan 2012 (AFP) - Le corps d'une femme a été extrait dimanche de l'épave du Concordia, neuf jours après son naufrage près de l'île italienne du Giglio, faisant monter le bilan provisoire à 13 morts et 21 disparus.

Les plongeurs ont découvert le corps dans la partie submergée du navire, à environ 10 mètres de profondeur, a indiqué Francesca Maffini, porte-parole de la protection civile. La femme n'a pas encore été identifiée.

Les recherches avaient pu reprendre dimanche après une nouvelle interruption liée aux mouvements du navire de la société italienne Costa Crociere (groupe Carnival).

Les sauveteurs cherchent désormais une personne supplémentaire: une Hongroise non enregistrée dans les listes officielles est réclamée par ses proches, a annoncé Franco Gabrielli, commissaire spécial du gouvernement en charge de la catastrophe.

"La famille dit qu'elle se trouvait à bord avec un membre d'équipage et qu'elle a appelé quand elle était sur le bateau. Mais elle n'était pas dans les listes" des personnes embarquées, a-t-il dit. En conséquence, "il y a encore 21 personnes" manquantes.

Plusieurs membres de leurs familles ont participé dimanche à une messe dans la petite église du Giglio. "C'est un moment d'espoir, de confiance et de foi", a estimé le père Lorenzo Pasquotti qui, la nuit du drame, avait accueilli des centaines de naufragés sur la petite île, leur donnant même des soutanes pour se réchauffer.

Les sauveteurs ont élaboré une carte pour localiser les disparus afin de mieux cibler les recherches, très lentes à cause de la taille gigantesque du navire, un palace flottant de 17 ponts, long comme trois stades de football et haut comme un immeuble de 20 étages.

Entretemps, l'enquête se poursuivait pour déterminer les responsabilités exactes du capitaine du navire, Francesco Schettino, dans l'accident.
Ce dernier a reconnu avoir fait une "bêtise" en passant trop près des côtes et heurté un rocher situé à environ 300 mètres de la côte. Mais il a argué, selon un extrait d'interrogatoire paru dimanche, que c'était une pratique routinière pour faire "de la publicité" à son employeur Costa Crociere.
Ensuite, sa version des faits contredit complètement celle de Costa, qui s'est dissociée de lui et l'a mis à pied.

M. Schettino, assigné à résidence depuis mardi et inculpé pour homicides multiples par imprudence, naufrage et abandon de navire, affirme avoir averti la compagnie un quart d'heure après le naufrage.

Il nie en outre avoir abandonné de son plein gré le navire pendant l'évacuation, affirmant être tombé dans une chaloupe.
Les carabiniers ont retrouvé sur la passerelle de commandement un disque dur contenant les enregistrements de caméras de sécurité qui devraient avoir filmé le moment de l'impact avec le rocher.
Les enquêteurs veulent notamment vérifier si le commandant a, comme il l'affirme, effectué "une manoeuvre brillante" juste après la collision pour rapprocher le paquebot de la côte et le faire échouer là où il se trouve, à une trentaine de mètres du rivage, sauvant ainsi "des milliers de vie".
Costa, qui a répété dimanche contribuer activement à l'enquête, fait l'objet de multiples plaintes et demandes de dédommagement de passagers.
Environ 400 salariés du groupe ont manifesté dans la journée à Gênes, où cette compagnie d'armateurs fut fondée il y a plus de 60 ans, derrière des pancartes clamant "l'équipage est bien à bord". Ils voulaient montrer "leur proximité avec les passagers" et exprimer "leur fierté d'appartenir" à ce groupe.
Autre problème pour les autorités: pomper au plus vite les 2.380 tonnes de mazout enfermées dans les réservoirs du Concordia, pour éviter une marée noire. Des experts devaient rendre leurs conclusions dimanche soir pour dire notamment s'il est possible de poursuivre la récupération des corps tout en vidant les cuves.
Selon M. Gabrielli, il y a déjà pollution marine puisque le navire renferme dans ses entrailles "tout ce qui sert pour une ville de 4.000 habitants" (huiles de vidange, ordinateurs, détergents, solvants, câbles électriques et objets en plastique).
Malgré cela, la catastrophe a provoqué un afflux inhabituel de touristes sur l'île du Giglio, envahie de visiteurs prenant la pose pour la photo devant la carcasse du navire échoué.

Après avoir percuté un rocher, le Concordia, qui effectuait une croisière en Méditerranée, a fait naufrage dans la nuit du 13 au 14 janvier avec plus de 4.200 personnes à son bord, dont 3.200 touristes et un millier de membres d'équipage.